Nichonifroa

Je me suis réveillée ce matin avec une certitude en tête: je ne veux plus être raisonnable. Se contenter d'une partie du bonheur, juste histoire de ne pas tout foutre en l'air, c'est bon pour ceux qui prennent la vie au sérieux. Quand on veut tout ou rien, libre à nous de pénétrer la folie, et d'en vouloir plus, TOUJOURS PLUS.
Je me sentais différente. Munie de ce sentiment, je ne pourrais jamais plus penser comme avant, et faire des concessions. Avais-je raison? L'avenir me le dirait. Mais je n'avais même plus le choix! Le monde ne m'avait pas apporté tout ce que je désirais, soit; il fallait à présent que j'aille le lui extorquer moi-même. Cette résolution peut sembler admirable aux premiers abords, mais elle était à vrai dire le signe d'un désespoir atroce... Le dernier recours d'une âme déchiquetée.

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 16:31

MK Ultra, ou l'incertitude.

MK Ultra, ou l'incertitude.
Et voilà comment quatre mois se terminent. Quatre mois, c'est long, c'est suffisant pour changer, pour découvrir, pour aimer, pour souffrir. Quatre mois, c'est assez pour prendre de nouvelles habitudes, pour échafauder des plans impossibles, pour rêver à se priver le cerveau d'imagination la nuit. En quatre mois, on peut en apprendre beaucoup sur soi.

Mais je me demande tout de même... A quoi bon? Tout cela était-il vraiment nécessaire? Que serais-je à présent, sans cette incroyable aventure? Comment aurais-je évolué? J'aime ce que j'ai découvert. C'était passionnant, et j'ai vécu intensément. Pas autant que je l'aurais voulu, mais toute expérience est bonne à prendre. De toute manière, rien n'est terminé; il faut juste réordonner les choses, leur rendre leur place exacte. Descendre un rien du piedestal de l'idéalisme, tout en le gardant à portée de main; car sans désirs irréalisables, la vie devient incroyablement morne. Il faut du changement, encore, comme si tous les autres n'étaient pas suffisants; recommencer, repartir de zéro, réapprendre, encore. Avoir le courage de recommencer à souffrir, peut-être...

Le destin existe-t-il? Ou la providence? Tout est-il pour le mieux pour chacun, ou pour certains? Si destin il y a, est-il lié à la morale? Est-ce que plus tard, je comprendrai pourquoi? Quel but y a-t-il à tout ça? Certes, je suis différente... Dans l'ensemble, cette expérience était positive, et le restera. Bizarre, aussi. Tant de choses sont étranges. Les coïncidence... Elles semblent naturelles, elles nous entourent de partout, mais si nous prenions la peine de les observer, nous serions épousouflés.
Donc, tout est-il pour le mieux? Il est rassurant de le penser...

Quel besoin idiot, n'empêche. Le besoin de se faire mal, de passer par le pire pour parvenir au mieux. Le principe du châtiment nécessaire... Insensé. Une invention masochiste.

Je devrais écrire, travailler, jouer. Trouver encore et toujours au fond de moi les ressorts pour rebondir. A quoi bon? Je ne sais, mais je le ferai... Quelles seraient mes autres opportunités? Puis j'en ai envie...
Tout va bien, tant que je ne pense pas au temps. 18 ans, déjà. 18 ans, c'est si jeune... C'est même avant la jeunesse. Le meilleur devant soi. Ses 20 ans à venir; les grandes amitiés, les grands amours, que de bonheur à vivre... Et à souffrir. Et tout cela pour quoi? Pour vieillir, et regretter, après coup. Pour juger, à l'aune de la vie des autres, si on a eu raison, si on a eu de la chance... Pour chercher on ne sait quoi; une vérité, un but, une raison à cette agitation effrénée. Souffrance éternelle. Bienfaisante souffrance?

J'ai si peur, quand je pense aux ans qui passent. Cette angoisse est existentielle, la plus effrayante et la plus incompréhensible de toutes. Et plus j'ai peur, plus je vis, je m'agite en tous sens, pour rien. Pour des rencontres, des espoirs, des tentatives de se sauver du gouffre où l'on plonge irrémédiablement. Je tente stupidement de me créer un petit bagage de souvenirs, d'expériences diverses; de quoi être fière? Pour rien, pour moins que rien... Un tourbillon qui nous emporte.

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 15:04

Le temps n'est qu'un léger défaut dans le bloc éternel

Le temps n'est qu'un léger défaut dans le bloc éternel
La pièce est blanche. Il ne peut en trouver la sortie, car il n'y a pas de porte. Il marche, tourne, tourbillonne en rond, mais rien n'y fait, il n'y a rien à faire là. Le tourbillon monte à présent en lui, prêt à éclater, marée de sang, blanc sur rouge, pétales. Les mots n'y sont pour rien. Les mots n'y peuvent rien. Seul lui, volonté, pourrait y arriver. Mais il sombre, profondément, dans cet abîme dément des sensations ratées. Il glisse et tombe, et glisse encore. Sa respiration rapide, par à-coups, ne lui apporte aucun réconfort... Fatigué, il s'assied, et prend sa tête. Il la secoue, l'arrache de son être. Il joue avec sa tête, détestable vision d'un monde qui tourbillonne. Son corps sans tête dégouline, rouge sur rose, rouge sur blanc, pétales liquides. Les yeux exorbités s'arrachent dans un torrent de larmes, pétales transparents sur blanc. Comment ?

# Posté le samedi 01 août 2009 10:25

Il lui semblait naturel que l'idéal répondît idéalement

Vivre me donne mal au ventre. Ces montagnes russes perpétuelles, faites de sommets et d'abîmes, sont tellement fatigantes... Je voudrais crier mes secrets à la face du monde, mais je ne peux pas. Et je sais que plus j'avance dans les années, plus je suis étriquée, enfermée pas des liens invisibles que je tisse moi-même et qui m'empêchent de m'envoler, libre, hors de ce carcan d'obligations diverses... Comment concilier les désirs, les obsessions, les ambitions, les inspirations? L'état d'esprit est déterminant, mais il flanche si vite... Un mot, un geste, et tout est foutu. Comment puis-je résister au découragement? A l'abandon de toute motivation? Comment puis-je persuader les organes qui m'aident à vivre et à penser que les obsessions ne comptent pas tant que ça; qu'elles sont passagères, comme toujours? Que les châteaux imaginaires qu'on construit, plus ils sont sophistiqués, moins ils ont de chances de se matérialiser un jour? Je ne sais que faire, ni comment réagir. Je ne sais pas ce qui se passera demain, ou les jours suivants; si les miracles continueront, si ma chance perdurera. Qui je vais perdre, qui restera à mes côtés... Et j'ai peur.

# Posté le dimanche 26 juillet 2009 10:34

Une perle d'angoisse roucoule dans ma poitrine en flammes - Achille Chavée

Je vis trop fort à l'intérieur de moi, parfois...
Il faut vraiment que je cesse d'imaginer tant de choses, de vivre une vie irréelle dans ma tête, car les retours sur terres sont parfois douloureux. Le pire, c'est que je redécolle toujours... Ou peut-être est-ce le meilleur.

Je me sens tellement tirée vers le haut, vers un absolu inexistant... Je ressens souvent ces temps-ci, cette impression qu'il y a quelque chose au-delà du monde. Il faut qu'il y ait quelque chose de beau, de grand, de vrai d'ailleurs, parce que sinon, rien de sert d'exister... Sinon, si rien n'a de sens, de but, il y a un moment où je n'aurai plus la force d'avancer, malgré mon amour insensé de la vie, malgré mon désir insatiable de connaissances inutiles. On cherche à atteindre quelque chose, c'est évident. La vérité, probablement. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi un désir puissant de vie, d'amour, de communion entre nous. La vérité uniquement par les livres semble tellement... fade. Ceux-ci sont là pour éclairer notre vie, la vraie, ou pour nous donner de nouvelles idées, de nouveaux projets, pour élargir notre esprit. Ils sont absolument nécessaires, mais pas suffisants. Ils s'inscrivent dans nos expériences et notre sensibilité, on y redécouvre toujours de nouvelles choses.

Ce que je dis, tout le monde le sait déjà, mais... je ne sais pas comment je pourrais me décharger de cette passion, de ce désir. Mon envie de vie fluctue, et je veux écrire quelque chose de vrai. Un jour, j'y arriverai... Il le faut.
Image: Bacon
Une perle d'angoisse roucoule dans ma poitrine en flammes - Achille Chavée

# Posté le samedi 30 mai 2009 11:11

Modifié le dimanche 07 juin 2009 14:35